Opération charme de Résolu: un accueil remarquable en région

14 janvier 2023

Les nouveaux employés de Produits forestiers Résolu (PFR) ont été accueillis de manière exemplaire dans leur communauté d’adoption, à Saint-Thomas-Didyme et à Girardville.

« Il faut choisir le voisin avant la maison, dit un proverbe arabe, a lancé Brahim Aouijil, pour expliquer pourquoi il a choisi, comme tous ses compatriotes, de s’établir à Girardville plutôt qu’à Dolbeau. Dès notre arrivée, on a été super bien accueillis. Les gens nous arrêtaient dans la rue pour nous offrir de nous amener à l’épicerie et pour nous parler. »

Il faut dire que tout avait été mis en place pour s’assurer un accueil réussi. Par exemple, des logements avaient été aménagés à Saint-Thomas et à Girardville pour accueillir les travailleurs. Les organismes locaux, comme Portes ouvertes sur le Lac, ont été mis à profit pour faciliter l’intégration des travailleurs, notamment pour gérer la paperasse et pour faciliter l’intégration dans la communauté, pendant les premières semaines.

Chez PFR, tous les gestionnaires ont reçu une formation sur la dualité des valeurs, pour assurer une meilleure intégration. En usine, chaque travailleur marocain est jumelé avec un mentor, en plus de recevoir une formation portant notamment sur les normes de santé et de sécurité au travail.

« Le directeur de l’usine est venu nous chercher à l’aéroport. On n’aurait pas vu ça au Maroc. »

— Brahim Aouijil

Le maire de Girardville, Vincent Beckert, souligne pour sa part que les nouveaux arrivants insufflent un vent de fraîcheur dans la communauté. « Ils se sont impliqués comme bénévoles dans plusieurs activités du centenaire et ils s’intègrent très bien à la communauté, dit-il. Chaque personne de plus qu’on accueille au village ajoute de la vie et ces dix nouveaux arrivants changent la dynamique d’une manière positive. »

Tout comme les travailleurs marocains, Vincent Beckert a choisi le Québec il y a quelques années. « Ça prend une bonne dose de courage pour partir avec sa vie dans une valise, souligne-t-il. C’est important de prendre le temps de bien les accueillir, parce que je sais qu’ils vont le remettre au quintuple à leur communauté d’accueil. »

En quelques semaines seulement, les nouveaux arrivants ont réussi à se tisser un réseau au sein de leur communauté.

Zakaria En Naciri a notamment apprécié être invité au chalet de son collègue Kevin Thibault lors d’une journée de fête musulmane. « Je vais te faire essayer la motoneige cet hiver et je veux te monter à mon autre chalet au 50e parallèle », a lancé Kevin Thibault lorsqu’on l’a croisé dans l’usine. Zakaria, 25 ans, s’est aussi fait plusieurs amis, dont le fils du maire, avec qui il sort dans les bars à Dolbeau.

Le scénario est similaire à Saint-Thomas-Didyme, qui compte 679 âmes. À l’invitation de la mairesse, Sylvie Coulombe, les huit nouveaux ont notamment fait du bénévolat dans le cadre du marathon de nage en eau libre du Lac-à-Jim.

« On a formé un comité pour accueillir les nouveaux arrivants dans notre communauté, souligne la mairesse. On veut leur donner le goût de rester pour qu’ils participent à la revitalisation de la communauté. » Grâce à ce groupe, ils ont fait du kayak et de la pêche. Ils sont aussi allés à la plage avec des résidents, qui, tranquillement, deviennent des amis. Ils sont allés danser à l’aréna. Ils ont goûté aux mets locaux, comme la tourtière et la poutine. Et au passage, ils souhaitent aussi faire connaître leur culture, en offrant le thé et des mets typiques marocains.

En retour, pour aller à la rencontre des gens, le groupe de Marocains a même lancé une page d’aide sur Facebook, pour offrir ses services à la population. « L’accueil des gens est extraordinaire, note Yassine Zarroudi. Tout le monde est sympathique. »

« On veut organiser un tournoi de soccer à Saint-Thomas pour créer des liens », renchérit Mohamed Dahmani.

Ce dernier apprécie grandement chaque opportunité de découvrir le pays ou de nouvelles activités, dont la raquette au Lac-à-Jim. « J’aime découvrir et je suis très fier qu’une de mes photos ait été sélectionnée sur le calendrier de la municipalité », dit-il.

L'ENTREPRISE VISE L'INTÉGRATION À LONG TERME

Il faut compter près de 10 000 dollars pour accueillir un travailleur étranger temporaire, qui obtiendra d’abord un contrat de 24 ou de 36 mois. « Ces permis de travail peuvent être renouvelés, explique Janic Gaudreault, mais il est possible de demander la résidence permanente après avoir passé 24 mois au pays et le processus dure un autre 24 mois. »

Pour plusieurs entreprises, comme c’est le cas pour PFR, l’objectif est d’intégrer les travailleurs dans leurs équipes à long terme et de favoriser l’intégration dans la communauté d’accueil. 

Pour y parvenir, PFR a travaillé avec des firmes spécialisées, qui « répondent à des normes de classe mondiale », dans le cadre du processus de recrutement international. 

Par exemple, PFR a travaillé avec AIPEO Canada pour recruter de la main-d’œuvre au Maroc. Oeuvrant dans le domaine du recrutement international depuis trois ans, AIPEO Canada offre un service clé en main, du recrutement à l’accueil jusqu’à l’intégration, en plus de s’occuper de la paperasse, en travaillant avec des partenaires du Centre RIRE 2000 et la firme MS Avocats. 

La force du service vient du fait que le Centre RIRE est une organisation de solidarité internationale qui travaille en Afrique francophone depuis 26 ans. « On est bien implanté sur le terrain parce que nous sommes un partenaire du milieu, explique Benoit Songa, le directeur général. Nous connaissons les familles, alors si un jeune homme postule, on peut appeler ses parents pour en savoir plus à son sujet. »

Le volet de recrutement international permet aussi de financer d’autres actions de solidarité internationale. Par exemple, le mandat avec Résolu finance la francisation des femmes au Maroc pour leur permettre de profiter de l’industrie touristique. L’initiative finance aussi des projets pour soutenir les femmes et les jeunes, notamment avec des projets entrepreneuriaux en République démocratique du Congo. 

Selon Benoit Songa, PFR travaille de manière exemplaire pour accueillir les nouveaux arrivants. « Ils ont une vision globale à long terme, dit-il. Ils mobilisent tous les acteurs pour que l’accueil et l’intégration soient réussis. »

Maximiser la diversité

Pour PFR, il est important de miser sur la diversité des employés, en incluant davantage de femmes et des représentants de minorités visibles, mais aussi en misant sur une diversité de provenance des travailleurs étrangers. « On voulait s’assurer d’avoir des histoires à succès même s’il y a des problèmes dans un pays », lance Janic Gaudreault, en notant que le Maroc a fermé ses frontières pendant quelques mois, pendant la pandémie. « Chacun amène une plus-value en fonction de sa culture. On croit beaucoup en la diversité à tous les niveaux », ajoute-t-il. 

Étant donné que les firmes de recrutement international se spécialisent dans certains secteurs géographiques, PFR a travaillé avec plusieurs partenaires. Du nombre, on compte RM Recrutement, une firme lancée il y a près de cinq ans par Régis Michaud, un spécialiste des ressources humaines. L’entreprise s’est spécialisée dans le recrutement aux Philippines. « On a recruté près de 1000 travailleurs, depuis 2018, et près de 1500 autres sont en processus pour venir travailler ici », indique Régis Michaud, en soulignant que ces derniers viennent au Canada pour améliorer leur qualité de vie.

Avec 45 employés, sa firme offre aussi un service clé en main de recrutement, d’accompagnement juridique, d’accueil et d’intégration. Et comme les Philippins parlent anglais, dix employés travaillent à plein temps sur la francisation des nouveaux arrivants. « Les travailleurs recrutés pour Résolu reçoivent 200 heures de francisation avant même d’arriver », note Régis Michaud. Des formations sur la culture québécoise et sur la santé et la sécurité au travail ont été offertes à tous les nouveaux arrivants.

Jusqu’à maintenant, RM Recrutement a facilité la venue d’une cinquantaine de travailleurs pour PFR et de près de 150 travailleurs pour Chantiers Chibougamau. « On est rendu à presque 45 familles installées avec Chantiers Chibougamau, souligne M. Michaud. On est en train de bâtir une petite communauté. »

 

Source : L'article est paru sur le site du journal Le Quotidien le 14 janvier 2023. Vous pouvez retrouver l'article ici.