Fondation Sur la pointe des pieds: la nature, une alliée pour la guérison

17 décembre 2022

Il y a de ces enfants et de ces ados qui vivent l’impensable : un diagnostic de cancer qui tombe lorsque la vie ne devrait qu’être une période d’insouciance. Quand j’ai vu passer l’histoire de Laurence Yelle, je l’ai trouvée si belle – malgré l’épisode d’adversité – que j’ai eu envie de vous la partager. 

Laurence est responsable des communications et du développement philanthropique de la Fondation Sur la pointe des pieds, qui organise des expéditions thérapeutiques pour les jeunes atteints de cancer. 

Difficile de trouver meilleure candidate pour occuper ces fonctions. Adolescente, Laurence a elle-même été participante d’une expédition en Colombie-Britannique, alors qu’elle a dû se battre férocement contre un cancer du cerveau.  

Le diagnostic tombe quand elle a 13 ans, en 2011. S’ensuivent des semaines de chimiothérapie et de radiothérapie. 

Lorsqu’elle prend part à l’aventure dans les Rocheuses, Laurence se surprend à marcher autant de kilomètres. 

« Quand la Fondation parle de dépassement de soi, c’est vraiment ça. Je regarde des photos aujourd’hui et j’étais tellement maigrichonne! Tu ne réalises pas toutes les forces qui se trouvent au fond de toi, jusqu’à ce que tu le fasses. » Elle se remémore cette journée où le groupe devait marcher 9 km, pour finalement en parcourir 14. « J’étais toujours la dernière à l’arrière… C’était lentement, mais sûrement. » 

« Jamais pendant l’expédition je n’ai de souvenir qu’on a parlé de cancer. Le plaisir d’être ensemble, de ne pas se sentir différents, de rire comme jamais… On n’avait pas besoin de parler, parce qu’on savait qu’on était tous passés par là (…) On se crée un cocon pendant l’expédition », raconte Laurence, qui s’est installée au Saguenay pour son boulot… alors qu’elle n’y avait jamais mis les pieds. 

Elle a ensuite continué de s’investir de différentes façons auprès de l’organisme. 

« Ça fait 10 ans que je leur dis : je suis là si vous avez besoin de moi. Je les ai tatoués sur le cœur. » Elle rêve maintenant de refaire une expédition, cette fois en accompagnant des jeunes qui vivent ce par quoi elle est passée. Le cofondateur de la Fondation, Mario Bilodeau, rêvait pour sa part qu’un jour, un ancien ou une ancienne participant(e) travaille au sein de l’organisation. 

Les participants sont notamment encadrés par des infirmières. 

Cette parenthèse dans leur vie, le documentaire La vie devant moi nous en montre un aperçu. 

Le film réalisé par Simon C. Vaillancourt nous fait suivre le parcours de jeunes atteints de cancer qui participent à une expédition de la Fondation. L’animateur et comédien André Robitaille met en lumière leurs histoires et leurs réflexions : la perte de contrôle de leur vie, la stupeur du diagnostic; les amitiés qui ne résistent pas à la maladie, mais aussi celles qui permettent de gagner des forces. Une œuvre d’une grande beauté, avec pour toile de fond les images grandioses de la nature.  

On y fait également la rencontre de Loryanne Côté, une Sherbrookoise qui a continué de s’investir auprès de la Fondation après avoir été l’une des participantes de deux expéditions, comme maître de cérémonie de la soirée Célébrons la vie.

Le documentaire met en lumière un pan de la vie de ces jeunes parfois mis de côté : ces « blessures invisibles », qui ne sont pas traitées comme tout le côté physique. Être confronté à une telle épreuve à cette période de son existence amène d’autres défis.

« C’est souvent le problème : même si on est extrêmement bien entourés, il y a des choses que les gens ne peuvent pas comprendre, ils ne sont pas dans notre corps, souligne Loryanne. Mes amis ont été incroyables. Veux, veux pas, je les voyais sur Instagram s’amuser pendant que moi j’étais à l’hôpital. À l’adolescence, souvent, l’apparence est très importante. Moi, j’avais 17 ans et je n’avais plus de sourcils, plus de cheveux. »

Le cofondateur de la Fondation, Mario Bilodeau, lui-même survivant du cancer, raconte à l’écran que la nature peut aider, selon lui, à affronter la maladie. À 20 ans, maintenant en rémission, Loryanne en est aussi convaincue. 

« C’était magique… On a vu ce dont la nature était capable. On dit souvent qu’elle a un pouvoir de guérison, et ça en a eu un pendant mon expédition… » 

 

Source : L'article est paru sur le site du journal Le Quotidien le 17 décembre 2022. Vous pouvez retrouver l'article ici.