Devinci fabrique 8250 vélos qui rouleront à Madrid

16 novembre 2022

D’ici quelques mois, 8250 vélos en libre-service Devinci rouleront dans les rues de Madrid, la capitale de l’Espagne. « Ils seront tous électriques. C’est une première », mentionne le directeur des opérations de l’entreprise de Chicoutimi, Magellan Charbonneau. La tendance est d’ailleurs de plus en plus vers l’électrification de ce type de transport.

Des contrats de ce genre se préparent sur une longue période. « Celui-ci fait un peu suite à la visite de Mme [Pascale] St-Onge l’automne dernier », explique la directrice développement corporatif, Maude Gauthier.

La ministre des Sports et ministre responsable de Développement économique Canada (DEC) pour les régions du Québec est venue visiter l’usine en octobre. Elle en a profité pour remettre une enveloppe financière de 800 000 $ pour l’ajout d’une deuxième chaîne de fabrication mécanisée et l’acquisition d’une découpe laser.

La direction de Cycles Devinci en a profité pour revoir toute la disposition de l’atelier, et ainsi augmenter sa productivité. L’objectif annoncé par le directeur général, Francis Morin, en octobre demeure le même : augmenter la capacité de fabrication de 20 000 à 50 000 unités par année.

Depuis 2008, moment de la première livraison de vélos en libre-service, Devinci a plus de 100 000 bicyclettes en circulation dans le monde et l’idée est de poursuivre sur cette lancée.

La production pour Madrid débutera d’ici la fin du mois et sans surprise, l’entreprise cherche activement des employés. Comme partout ailleurs, la pénurie de main-d’oeuvre touche l’usine de la rue Manic.

D’ailleurs, une douzaine d’employés de la Tunisie se joindront bientôt à l’équipe. C’est la première fois que l’entreprise a besoin de recruter des employés spécialisés à l’international. Une pratique toutefois de plus en plus courante dans les nombreuses usines manufacturières du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Rapatrier la production ici

Parallèlement à la confection des modèles électriques pour Madrid, Cycles Devinci poursuit ses efforts pour rapatrier de l’Asie à Chicoutimi ce qu’on appelle des « plates-formes » dans le jargon. Il s’agit en fait des exemplaires qui étaient assemblés dans un autre continent.

On parle alors de vélos de montagne ou urbains. « Avec la pandémie, on a tous pris conscience de l’importance de la fabrication locale », souligne M. Charbonneau.

Comme pratiquement toutes les usines manufacturières, cette dernière a aussi dû composer avec des délais de livraison et des pièces en rupture de stock.

Il faut dire que la tendance lourde d’utiliser du carbone plutôt que de l’aluminium depuis une dizaine d’années avait en quelque sorte forcé la délocalisation vers l’Asie, explique le directeur des opérations. « On revient aux sources, en fait. Nous allons fabriquer ici nos cadres en aluminium, et faire l’assemblage. »

Maude Gauthier poursuit que l’aluminium est plus durable et meilleur pour l’environnement que le carbone, qui est très polluant. Il est également moins dispendieux. « Nous voulons offrir un produit à haute valeur ajoutée où il y aura un souci dans la fabrication et l’assemblage. On pense ici à nos vélos de montagne double suspension ainsi que la mobilité urbaine, donc pour pistes cyclables. »

Est-ce qu’on peut s’attendre à de nouveaux modèles bientôt ? « Pour cela, il faudra être patients et surveillez nos réseaux sociaux », répondent avec un sourire les deux intervenants en terminant l’entrevue.

 

Source : L'article est paru sur le site du journal Le Quotidien le 16 novembre 2022. Vous pouvez retrouver l'article ici.