Aires protégées: les populations rurales grandes oubliées

14 décembre 2022

Le milieu des affaires de Dolbeau-Mistassini lève le drapeau rouge et qualifie les populations rurales de grandes oubliées dans le débat des aires protégées. Les acteurs économiques concernés militent pour que Québec les considère comme partie prenante stratégique dans sa prise de décision.

« Ce que nous exigeons, c’est de la logique et de la vision. Consultez-nous ! Nous vivons de la forêt, nous vivons pratiquement dans la forêt », défend le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Dolbeau-Mistassini (CCIDM), Guillaume Ratté.

Les plus récentes discussions en la matière, notamment à la COP15, ont ravivé les inquiétudes chez les différents acteurs de l’industrie forestière de la région. 

« Il y a tout un écosystème qui gravite autour de la forêt. Ce n’est pas que le secteur primaire dont il est question. Il y a des entreprises, des familles et des retraités qui vivent de la forêt et qui aiment la forêt. »

— Guillaume Ratté, président de la CCIDM

La CCIDM rappelle l’ampleur des potentielles conséquences financières à l’échelle locale, pour la population de la MRC de Maria-Chapdelaine. « Juste pour la MRC, c’est plus de 3800 emplois qui représentent une masse salariale de près de 200 M$ qui sont en jeu. Tout ça pour un bassin de 24 251 habitants, c’est majeur », relate son président.

Aux yeux de son organisation, l’absence de pistes de solutions et de consultation publique est troublante pour l’ensemble de la région. « Le Saguenay-Lac-Saint-Jean et la Côte-Nord partageront plus de 70 % des pertes économiques, qui représentent 6000 emplois. L’industrie forestière c’est le poumon de notre région et il y a un clair manque de reconnaissance de cette réalité-là », avance Guillaue Ratté.

Des préjugés infondés

La vision des observateurs locaux quant au travail forestier dans la région est à réviser, selon ce qu’atteste le président de la CCDIM. « Il semble y avoir une très grande méconnaissance, voire une ignorance de la réalité terrain de la récolte forestière. [...] L’industrie a su tirer profit des expériences passées en modernisant ses techniques de coupe et en instaurant des mesures strictes afin de préserver notre patrimoine forestier et assurer la pérennité de nos ressources de façon responsable. »

L’organisation économique dolmissoise fait également valoir que la pratique industrielle forestière québécoise n’a rien à envier à celle qui se fait ailleurs dans le monde. « Il y a une rigueur déployée par les équipes de travail qui œuvrent dans la récolte forestière afin de respecter les normes environnementales », assure celui qui est à la barre de la Chambre de commerce et d’industrie.

 

Source : L'article est paru sur le site du journal Le Quotidien le 14 décembre 2022. Vous pouvez retrouver l'article ici.